Un contre-projet pour réponse

Le premier secrétaire du PS avait refusé de dévoiler son contre-projet avant celui du gouvernement qu'elle avait jugé "flou". Pour elle, "le gouvernement n'avance pas dans ses propositions". "Nous comprenons entre les lignes qu'il souhaite comme d'habitude faire payer les salariés et les retraités, mais nous n'avons pas de propositions précises", dit-elle.
"On a travaillé tard hier soir. On a eu ce matin une réunion de relecture qui n'est pas terminée et nous reprenons le travail de lecture", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier. Le texte devrait faire une "dizaine de pages", a-t-on appris de même source. "Il va peut-être y avoir des achoppements sur la façon de travailler plus longtemps avec l'aile gauche du parti (Benoît Hamon, Henri Emmanuelli...), mais à ce stade, c'est un travail de relecture", a-t-on indiqué.

41,5 annuités à l'horizon 2020 ?

Pour augmenter les recettes, François Rebsamen a également indiqué qu'il fallait privilégier "l'augmentation des cotisations patronales, "un système de pénalisation des entreprises pour celles qui licencient leurs salariés seniors" et "des dispositions de taxation des stock-options et des banques", a encore dit le sénateur.
Sur l'allongement des cotisations, la proposition du député PS Pascal Terrasse "est encore en discussion" mais Martine Aubry "validerait la formule de Ségolène Royal dans Le Monde". La présidente de la région Poitou-Charentes estime que "la modification de la durée de cotisation ne pourrait intervenir qu'en dernière instance".
Pascal Terrasse, expert du PS et membre du COR (comité d'orientation des retraites), qui a planché sur les contre-propositions socialistes, a suggéré un allongement de la durée de cotisation de deux trimestres à 41,5 annuités à l'horizon 2020, contre 41 ans en 2012.
Pour le député et ancien ministre de l'Economie, Michel Sapin, "il se pose à un moment donné la question de savoir si on accepte ou non l'allongement de la durée de cotisations". "Pour la droite, toucher à la durée de cotisation ou à l'âge de départ, c'est le premier geste. Pour nous, la durée de cotisation, c'est le dernier, c'est ce qui vient à la fin et permet de boucler de manière crédible la réforme. Ni une priorité ni un tabou", résume le secrétaire national du PS à l'Economie.
Sur une éventuelle hausse des cotisations, si le PS "la propose, elle n'excéderait pas un point à l'horizon 2020". Sur la taxation des stocks-options et parachutes dorés, "ça paraît acquis". Enfin sur un alourdissement de 0,5% à 1% de la taxe sur la valeur ajoutée que payent les entreprises au profit des collectivités territoriales, évoqué par Le Parisien, "c'est en débat", a-t-on répondu.